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Robert
Wyatt "J'essaie d'écrire normalement" +
dossiers "L'école de Canterbury" et "Soft
Machine"- Muziq N°14 - Mai-Juin 2008
ROBERT WYATT "J'ESSAIE D'ECRIRE
NORMALEMENT"
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C'est toujours
un plaisir de s'entretenir avec Robert Wyatt parce qu'il
n'a pas l'habitude de ressasser les mêmes histoires. Bien
qu'il puisse prétendre au statut d'étoile
au firmament de la musique, il a conservé sa générosité
et s'excuse du moindre retard quand d'autres prendraient
des poses snobinardes et distantes. La musique s'en ressent.
Heureusement. La sienne est simple. Son minimalisme est
complexe, ses complexes ont forgé son art. L'accident
qui l'a cloué sur une chaise roulante il y a une
trentaine d'années lui a permis de trouver sa voix.
Le timbre est inimitable, voix blanche haut perchée
avec un léger cheveu sur la langue. Le batteur légendaire
de Soft Machine et de Matching Mole est devenu un chanteur
de charme, plus rouge que rose, l'inventeur d'un style où
beaucoup se reconnaissent indirectement. Son romantisme
possède un souffle épique qu'il met au service
des grandes causes comme des petites. Son quotidien réfléchit
son engagement. Il peut chanter en français, en espagnol,
en italien comme en anglais. Considéré comme
un musicien pop, il a toujours revendiqué le jazz
sans négliger les élucubrations électroacoustiques
de laboratoires.
Depuis l'album "Rock Bottom"
où il la chantait déjà, il forme un
couple avec Alfreda Benge, sa compagne, parolière
et peintre de ses albums. Ensemble, ils continuent à
apprendre à vivre. Un bel exemple.
Comment vas-tu?
Je pense que je vais bien. Je ne m'intéresse pas
assez à moi pour en être certain, mais je me
sens bien.
Et Alfie?
Elle n'arrête pas., elle fait cinq choses à
la fois.
Quel est son rôle exactement?
Je la compare à la face cachée de la lune.
Sans elle, il ne resterait de moi qu'une fine page de papier
jauni. Elle me tient en vie, ce qui n'a jamais été
dans le domaine de mes préoccupations. Elle fait
donc attention que je respecte notre contrat de mariage,
me nourissant de vitamines et m'empêchant boire quand
elle peut. Mais elle m'écrit aussi des paroles de
chansons, elle peint en visualisant littéralement
les disques et elle se bat comme un tigre pour s'assurer
que je sois payé...
Tu as changé de maison de
production...
J'ai quitté Ryko qui a été rachetée
par une grande major américaine anonyme!
Tu as pris ton indépendance?
Alfie a été très maligne en stipulant
sur les contrats que l'on ne pouvait être cédés
à aucun autre producteur en cas de rachat. Domino
va pouvoir sortir les anciens albums au fur et à
mesure. C'est une petite compagnie qui fait le maximum pour
m'aider. Comme je ne peux ni jouer sur scène ni poser
pour de superbes photos pornographiques, j'ai accepté
de faire quelques interviews en public. C'est aussi une
façon pour moi de rencontrer du monde.
Tu t'es longuement expliqué
sur le titre de ton dernier album "Comicopéra",
en précisant la différence entre la comédie
qui se joue entre les hommes et la tragédie qui concerne
les dieux. Mais y a-t-il des opéras dans l'histoire
de la musique qui t'ont marqué?
L'année dernière, je suis allé écouter
"Mithridate", un opéra que Mozart écrivit
lorsqu'il avait 14 ans, l'âge des boys bands! C'est
l'histoire d'un roi des Balkans qui combat Rome. La forme
est très archaïque, bien avant l'opéra
moderne.
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La mise en scène à
Covent Garden était très dramatique, un
des trucs les plus avant-gardistes que j'aie vus et entendus,
les hommes chantant comme des femmes, les femmes comme
des hommes, extrèmement étrange. C'était
un petit orchestre mozartien, avec très peu de
cuivres, ils sont apparus seulement au XIXe siècle,
juste un clavier, pas encore de piano, des cordes, des
clarinettes, c'était si délicat, même
si l'orchestre était amplifié, si beau que
cela m'a frappé. En titrant "Opera" je
n'ai jamais tenté de m'en approcher, c'eût
été ridicule, mais j'aime beaucoup l'idée
de présenter des chansons sans que ce soit un cycle,
avec des voix et des personnages qui vont et viennent,
des échanges entre une femme et un homme... J'ai
toujours aimé les duos genre Ray Charles et Betty
Carter...
C'est ainsi que tu t'es adressé
à Monica Vasconcelos?
Sur le second morceau, il y a la voix superbe
et délicieuse de Monica et sur le premier celle
de Seaming To (ses parents sont de Hong-Kong) qui sonne
comme un Theremin. Elle joue très bien de la clarinette,
alors je lui ai dit que c'était juste quelques
notes d'un putain de concerto pour clarinette de Mozart,
et elle a bien voulu en jouer et chanter. Il y a une autre
fille qui joue du sax baryton sur Out Of The Blue,
Beverley Chadwick.
A propos de voix, il y a tant
de gens qui adorent la tienne. Gamin, est-ce que tu te
rendais compte que tu possédais un timbre particulier?
Bien sûr que non. Je chantais avec mon père,
au piano, des trucs simples, des cantiques de Noël.
Je ne comprends toujours pas pourquoi les gens aiment
ma voix. J'essaie seulement d'éviter ce qui ne
me semble pas nécessaire.
Pourtant, on la reconnait bien
dès la première seconde...
C'est marrant, parce que je ne peux pas vraiment
la transformer. Il faudra que je sorte un disque anonyme
où je chanterai autrement! Fred Frith regrette
que je ne fasse plus de trucs bizarres avec ma voix. J'ai
perdu pas mal dans les aigus. Chaque année, ma
tessiture se réduit. Je voudrais seulement chanter
d'une manière aussi naturelle que je parle, sans
aucun artifice, mais tout de même avec des notes!
Tu es souvent sollicité
pour participer à tel ou tel projet discographique,
autant par des célébrités que par
des musiciens peu connus. Comment fais-tu pour choisir?
Les gens qui m'écrivent ont le plus souvent
une bonne idée de ce que je peux aimer, et j'apprécie
la plupart des choses que l'on m'envoie, mais je pressens
ce qui fonctionnera ou pas. Je dois aimer le texte et
être capable de jouer les notes.
Comment fais-tu pour enregistrer
chez toi, à Louth?
J'ai un petit magnéto huit pistes et quelques
micros. J'ai enregistré les parties italiennes
ici, mais la majeure partie du disque et les voix ont
été enregistrées au studio de Phil
Manzanera. Alfie me conduit à Londres où
l'on peut rester dans l'appartement de Phil... Je fais
tout ce que je peux à la maison, parce que le temps
de studio est onéreux, même si Phil fait
le maximum pour moi. Particulièrement pour "Comicopera",
je voulais que d'autres musiciens jouent les accords,
surtout dans le premier tiers du disque. J'ai tout préparé
le plus correctement possible en amont, une sorte de maquette
ou de squelette avec le bon feeling et les vraies notes
pour qu'ils saisissent l'atmosphère de chaque chanson.
J'ai lu que tu voulais qu'ils
jouent tous ensemble...
J'aurais bien aimé, mais j'ai travaillé
avec seulement un à la fois. C'est un orchestre
imaginaire. C'est dans mon imagination, comme ma révolution
et pas mal d'autres choses... C'est ce que font les artistes,
ils ne font qu'imaginer...
Tu joues de plus en plus de trompette...
Cela m'amuse beaucoup. Elle est par terre à côté
de moi. Je joue par dessus des disques tout le temps.
J'en joue lorsque je ne chante pas, comme récemment
avec David Gilmour ou dans Clear Frame, le quartet de
Charles Hayward avec Lol Coxhill, Orphy Robinson et Hugh
Hopper. J'aurais du enregistrer avec eux, mais j'en ai
été empêché par la neige, alors
ils m'ont envoyé la bande et j'ai ajouté
quelques secondes de cornet.
Tu improvises...
J'improvise beaucoup plus que les gens ne l'imaginent.
Les musiciens de jazz préparent sur ce quoi ils
improviseront. Lorsque je travaille, j'essaie de faire
le contraire. Mes compositions sont le fruit de mes improvisations.
Chaque fois que je chante un air, que je joue une suite
d'accords ou un rythme, cela change du tout au tout d'un
jour à l'autre. j'enregistre une foule d'attaques
différentes sur la même idée et je
conserve la meilleure pour n'organiser tout cela qu'à
la fin. Par exemple, Alfie a écrit les paroles
de You You sur une partie de clavier que j'avais
totalement improvisée. J'improvise des heures sur
la même suite d'accords pour ne garder que ce qui
va sonner comme un morceau composé.
La musique existe-t-elle toujours
avant les paroles?
Oui, absolument. Si j'écris d'abord les paroles,
cela s'entend parce que l'air est fonctionnel, comme sur
Be Serious, ou à la fin de "Rock Bottom",
des morceaux très rythmiques, sans presque aucune
mélodie. Cela m'arrive aussi pour des textes d'Alfie
comme Cuckoo Madame ou Sight Of The Wind
sur le précédent. Des gens pour qui j'ai
enregistré comme Steve Nieve ou Michael Mantler
ont cette approche du texte et savent les mettre en musique.
Dans ton dernier disque, "Comicopera",
le mot comic me fait penser au Collège de Pataphysique.
Est-ce que tu y appartiens toujours ?
Je ne pense pas que l'on puisse jamais le quitter. On
en prend pour perpète! mon rôle officiel
aurait été de diriger l'orchestre dans sa
marche triomphante, mais cela ne s'est jamais produit.
C'était du temps où j'étais batteur.
Je ne pourrais plus m'exécuter. J'espère
néanmoins rester un "petit-fils Ubu"
toute ma vie.
Est-ce que
cela a quelque chose à voir avec ta manière
de fabriquer les lettres que tu envoies, lorsque tu écris
sur des petits bouts de papier déchirés, tes
collages?
Je le faisais déjà. C'est peut-être
pour cela qu'ils m'ont demandé de me joindre à
eux...
Tu es très fidèle
à tes musiciens...
Les trois derniers disques constituent une petite trilogie
de mon orchestre imaginaire. Cela a commencé avec
le studio de Phil et Jamie, et puis Annie Whitehead; Paul
Weller est venu jouer sur quelques morceaux; trouver Gilad
et Yaron, deux formidables musiciens israéliens,
a été magique, ils s'investissent et jouent
avec tant de passion..."Comicopera" est construit
en trois parties. La première est tendre. La seconde
a des implications sociales...
Elle est assez ironique, même si l'ironie est un concept
que je n'aime pas beaucoup. c'est une sorte de revue de
l'Englandry. [NDLR: "anglouillard", comme on
dit franchouillard].
Dans la dernière partie,
Away With The Fairies, ce sont des chansons que tu avais
déjà enregistrées sur des compilations
d'autres musiciens...
Oui, ce sont presque tous des remixes d'anciens morceaux.
Parmi tout ce que j'ai fait, j'avais la sensation qu'ils
faisaient partie de moi-même et je désirais
les sortir de leur clandestinité. La distribution
de disques est si injuste, lorsque les albums ne sont pas
produits en Angleterre ou aux Etats-Unis. Alfie était
particulièrement fière du Lorca, c'est elle
qui a eu l'idée de faire jouer l'archet par le contrebassiste
colombien Chucho Merchan, c'est un peu son bébé.
Elle voulait que ce soit entendu par plus de monde.
Un jour que je t'interviewais pour le Journal des allumés,
je t'ai demandé quelle profession je devais écrire
et tu m'as répond "compositeur de musique
impopulaire"...
Oui... Alfie souhaiterait que j'écrive de la musique
populaire, ça aiderait pour l'intendance, mais
je ne peux pas l'imaginer. J'essaie d'écrire normalement.
Je suis très impressionné par le luxe de
ceux qui écrivent exentrique; ils ont de la chance
d'avoir le choix. Je ne désire que faire des albums
normaux. De temps en temps, je réécoute
le mien en espérant qu'il est normal, mais je me
rends compte qu'il est étrange.
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Est-ce que
tu es toujours en colère, contre le monde? Il t'arrive
encore d'aller manifester?
Je ne lève plus beaucoup le poing. Parfois je me
joins aux autres, par exemple pour les manifs contre la
guerre en Irak, juste pour dire que l'on n'a pas le droit
de faire cela en notre nom, c'est tout. Je suis trop fatigué
pour être en colère. Après des siècles
de sagesse, nous sommes toujours gouvernés par des
adolescents perturbés. J'essaie de rester à
l'écart de ce qui sent mauvais. J'ignore l'impact
de ce que je fais, mais j'en ai besoin pour mon confort
psychique. Dans la troisième partie de "Comicopera",
ce n'est pas seulement négatif de parler de toute
cette merde impérialiste des peuples qui parlent
anglais, c'est aussi montrer qu'être anglais n'est
pas forcément un facteur dominant. C'est pour cela
que j'aime chanter dans d'autres langues et laisser la place
à d'autres instrumentistes... D'ailleurs, avant que
l'on se sépare, je voudrais encore te remercier de
m'avoir présenté Hélène Labarrière
qui a fait un si beau CD... [NDLR: "Les Temps changent",
Emouvance.]

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Si l'on s'en
tient au sens littéral de l'adjectif, Soft Machine
fut sans doute le groupe le plus "progressif"
de tous les temps! De sa naissance en 1966 à ses
ultimes concerts en 1984, l'évolution aura été
telle qu'on peine à en dégager une ligne directrice.
Seul rescapé des purges à répétition
qui verront les départs, plus ou moins volontaires,
des autres figures emblématiques de la Machine (dans
l'ordre: Daevid Allen, Kevin Ayers, Robert Wyatt, Elton
Dean et Hugh Hopper), Mike Ratledge, dont l'orgue saturé
avait jusque là été un fil rouge Sonore,
partira à son tour au terme d'une décennie
de bons et loyaux services, abandonnant sans état
d'âme les commandes du navire à ses lieutenants.
MACHINE À PLEIN RÉGIME
Né sous le signe du psychédélisme,
pionnier de l'underground londonien de 1966-1967 aux côtés
de Pink Floyd, Soft Machine affinera son hybride de rock
heavy - mais avec l'orgue dans le rôle de la guitare
- et d'impros déjantées sur son premier album,
enregistré en 1968 à New York au milieu d'une
longue tournée américaine avec Jimi Hendrix.
On remarque déjà la voix singulière
de Robert Wyatt. "Volume Two" fera éclater
les carcans: wyatt puise dans la pataphysique, et Ratledge,
dans ses débuts remarqués de compositeur,
s'essaie déjà aux rythmes impairs. À
ce stade, leurs approches se conjuguent encore avec une
lumineuse évidence: cette synthèse constituera
la matrice du Canterbury sound. Conséquence prévisible
de l'adjonction, fin 1969, d'une section de cuivres, l'espace
vocal de Wyatt se restreint tandis que l'ascendant du saxophoniste
Elton Dean, seul des souffleurs à intégrer
durablement le groupe, va croissant: l'avènement
du tout-instrumental et le glissement vers le jazz seront
aussi rapides qu'irrévocables. La face solo de Wyatt
sur le merveilleux Moon In June, dans "Third",
a des allures de baroud d'honneur avant les adieux définitifs
à la pop. Le reste du double album consacre la fusion
rock/jazz privilégiée par Ratledge et le bassiste
Hugh Hopper: rythmes tarabiscotés, harmonies ambiguës,
impros épiques... Avec encore, mais plus pour longtemps,
un sens mélodique garant d'une large accessibilité...
PROBLÈMES MÉCANIQUES
"Fourth" débute par l'éblouissant
et ultracomplexe, Teeth ; la suite est plus minimaliste,
mais les atmosphères restent envoûtantes. "Fifth"
consacre par contre une austérité dont toute
référence au rock est désormais bannie
- et pour cause: Wyatt n'est plus là, deux candidats
se disputent son poste. C'est John Marshall qui sera retenu,
brillant mais académique, représentatif du
type de musiciens par lesquels Ratledge remplacera l'un
après l'autre ses ex-acolytes. Le successeur de Dean,
le multi-instrumentiste et (prolixe) compositeur Karl Jenkins,
s'impose ainsi comme coleader, mais pousse la Machine vers
un jazz-rock plus conventionnel; évolution parachevée
avec l'arrivée du prodigieux guitariste Allan Holdsworth
pour "Bundles" (1975), excellent dans le genre,
mais à mille lieues du Soft Machine que l'on avait
tant aimé. D'autres albums suivront, tout aussi irréprochables
mais dénués du frisson de l'inédit.
ÂGE D'OR
La période 1969-1971 restera, aux yeux de la postérité,
l'âge d'or de Soft Machine: il est alors, en France
tout particulièrement, l'égal de Pink Floyd:
beaucoup voient en lui l'inventeur de la
musique du futur.
De fait, il opère une synthèse
novatrice entre des courants jusque-là isolés
les uns des autres: rock, jazz, mais aussi musique contemporaine
(dissonances), concrète (travail sur les bandes),
répétitive (boucles à la Riley)...
En limitant son horizon au jazz-fusion et en se privant
de ses figures charismatiques fédératrices,
la Machine s'aliénera une partie de son public, qui
jugera ses incarnations suivantes froidement cérébrales
et reportera son attention sur d'autres branches, plus fidèles
à l'esprit de "Volume Two" et "Third",
de l'arbre généalogique canterburien..
REDÉMARRAGES
L'ère des rééditions CD a mis en évidence
la popularité intacte, voire grandissante, de Soft
Machine. À la numérisation de son back catalogue
(renouvelée l'an dernier pour la période Columbia)
s'est ajoutée une véritable pluie de documents
d'archives, dont certains (ceux publiés chez les
labels Cuneiform et Hux) de qualité exceptionnelle.
Conséquence logique, les anciens ont remis le couvert,
au premier rang desquels Hugh Hopper et Elton Dean (hélas
décédé en 2006), avec les projets SoftWorks,
PolySoft, Soft Bounds ou Soft Machine Legacy. Mais en l'absence
de Mike Ratledge, définitivement retiré des
affaires, leur musique reflète surtout le versant
jazz de l'héritage softien.
AYMERIC LEROY
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